Pour les bailleurs, investisseurs ou gestionnaires, bien comprendre les indices immobiliers est essentiel pour sécuriser ses contrats, anticiper l’évolution des loyers et respecter la réglementation.
La révision des loyers commerciaux repose sur plusieurs indices de référence : l’ILC (Indice des Loyers Commerciaux), l’ICC (Indice du Coût de la Construction) et l’ILAT (Indice des Loyers des Activités Tertiaires).
Vous trouverez dans cet article toutes les informations concernant le rôle de chaque indice, leurs différences, leurs usages en 2025 et comment les utiliser concrètement pour calculer une révision de loyer.
Comprendre les trois indices immobiliers : ILC, ILAT, ICC
En France, trois indices principaux coexistent :
- ILC (Indice des Loyers Commerciaux) – commerces et artisanat
- ILAT (Indice des Loyers des Activités Tertiaires) – bureaux, services, professions libérales
- ICC (Indice du Coût de la Construction) – utilisé pour les baux commerciaux signés avant le 1ᵉʳ septembre 2014
Le choix de l’indice dépend donc de la nature du bail et de l’activité exercée.
L’ILC : l’indice dédié aux commerces de détail
L’ILC est aujourd’hui l’indice le plus utilisé pour les baux commerciaux classiques : boutiques, artisans, restaurants, bars, etc. Il se compose de trois éléments :
- l’indice des prix à la consommation (IPC)
- l’indice du chiffre d’affaires du commerce
- l’indice des loyers commerciaux
Cet indice vise à lisser la progression des loyers et à éviter les variations trop fortes.
L’ILAT : l’indice des loyers des activités tertiaires
L’ILAT concerne les professions libérales, les bureaux, les activités tertiaires en général. Il évolue principalement en fonction :
- de l’inflation
- de la conjoncture du secteur tertiaire
L’ICC : un indice historique utilisé depuis 1953
L’ICC mesurait à l’origine l’évolution du coût de la construction. Longtemps utilisé pour les baux commerciaux, il a été progressivement écarté au profit de l’ILC et de l’ILAT.
Quel indice choisir selon votre bail ?
Le choix de l’indice applicable dépend directement du type d’activité exercée par le locataire et des clauses prévues dans le bail.
Pour les commerces de détail, l’Indice des Loyers Commerciaux (ILC) est aujourd’hui la référence la plus courante : il offre une évolution modérée et mieux adaptée aux réalités économiques du commerce de proximité.
À l’inverse, les professionnels du secteur tertiaire (les cabinets de conseil, les entreprises de services ou les bureaux) utilisent généralement l’Indice des Loyers des Activités Tertiaires (ILAT), qui suit davantage la dynamique de l’inflation et garantit une révision cohérente avec l’activité.
Quant à l’Indice du Coût de la Construction (ICC), il tend à être beaucoup moins utilisé, car plus volatil et moins représentatif de l’économie actuelle ; on le retrouve surtout dans d’anciens baux qui n’ont pas encore été renégociés.
En pratique, il est essentiel de vérifier la clause de révision prévue au contrat : c’est elle qui détermine l’indice applicable.
Calculer la révision d’un loyer commercial
La révision d’un loyer commercial repose sur une méthode légale, encadrée et relativement simple à appliquer dès lors que l’on dispose du bon indice et des valeurs de référence. L’objectif est d’utiliser une formule commune à tous les baux commerciaux et professionnels.
La formule de révision légale est la suivante :
Nouveau loyer = Loyer actuel × (Nouvel indice / Ancien indice)
Cette méthode présente plusieurs avantages pour le propriétaire comme pour le locataire :
- Elle garantit une révision transparente, prévisible et conforme à la réglementation.
- Le bailleur peut anticiper l’évolution de ses revenus locatifs.
- Le locataire bénéficie d’une protection contre des augmentations excessives ou arbitraires.
Consulter les indices immobiliers officiels
Pour suivre l’évolution des indices immobiliers et appliquer correctement une révision de loyer, il est indispensable de consulter des sources fiables et régulièrement mises à jour.
INSEE
En France, la référence principale reste l’INSEE, qui publie chaque trimestre les valeurs officielles de l’ILC, de l’ILAT et de l’ICC. Les tableaux y sont présentés de manière détaillée, avec l’historique des indices, ce qui permet de réaliser facilement des comparaisons sur plusieurs années.
Service Public
Le site Service-public.fr constitue également une ressource précieuse : il propose des fiches pratiques expliquant le cadre légal, les modalités d’utilisation de chaque indice et les règles à respecter lors d’une révision de loyer commercial. C’est une excellente porte d’entrée pour les bailleurs ou gestionnaires qui souhaitent comprendre rapidement le fonctionnement des indices.
Maîtriser les indices pour sécuriser vos loyers commerciaux
Les indices immobiliers tels que l’ILC, l’ILAT et l’ICC jouent un rôle central dans la révision des loyers commerciaux en France. Comprendre leur fonctionnement, leurs différences et leur mode de calcul permet aux bailleurs comme aux locataires d’appliquer une indexation conforme au cadre légal et adaptée à la nature de l’activité exercée dans les locaux.
En 2025, les pratiques tendent à privilégier l’ILC et l’ILAT, plus représentatifs de l’évolution économique réelle, tandis que l’ICC reste réservé aux baux anciens non renégociés. Quel que soit l’indice utilisé, il est essentiel de se référer uniquement aux valeurs officielles publiées par l’INSEE ou par les sites institutionnels, afin d’éviter toute erreur dans les calculs.
Maîtriser ces indices, c’est non seulement sécuriser la relation contractuelle, mais aussi anticiper les évolutions du marché et assurer une gestion locative saine et transparente.


